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Intemporel Physique et ingénierie 13 min read

La physique du stockage d’énergie renouvelable : pourquoi les batteries ne sont pas la seule solution

Les batteries dominent les manchettes, mais elles ne représentent que 5 % de la capacité mondiale de stockage d'énergie renouvelable à l'échelle du réseau. Les 90 % restants exploitent la gravité, la chaleur, la pression et les liaisons chimiques d'une manière que les batteries ne peuvent tout simplement pas égaler.

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Hydroelectric dam with reservoir demonstrating renewable energy storage through gravitational potential
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Quand on parle du stockage de l’énergie renouvelable, il est presque toujours question de batteries. Les cellules lithium-ion alimentent nos téléphones, nos voitures et, de plus en plus, nos maisons. Mais voici ce que les manchettes ne disent pas : le stockage hydroélectrique par pompage représente historiquement plus de 90 % de l’énergie stockée à l’échelle du réseau dans le monde[s]. L’essentiel de l’électricité stockée dans le monde, c’est de l’eau retenue derrière des barrages, attendant de tomber.

Ce n’est pas un échec de la technologie des batteries. C’est la physique. Différents problèmes de stockage d’énergie renouvelable exigent des solutions physiques différentes. Une batterie excelle pour des décharges rapides dans un espace réduit. Stocker suffisamment d’énergie pour maintenir une ville en activité pendant une nuit sans vent ? Cela exige tout autre chose.

Le stockage de l’énergie renouvelable par la gravité

La forme dominante du stockage de l’énergie renouvelable à l’échelle du réseau repose sur un principe si simple qu’un enfant pourrait le comprendre : soulever quelque chose de lourd quand on dispose d’un excès d’énergie, le laisser tomber quand on a besoin d’énergie.

Le stockage hydroélectrique par pompage fonctionne exactement ainsi avec l’eau. Quand l’offre d’électricité dépasse la demande, des pompes font monter l’eau vers un réservoir en amont. Quand la demande augmente, l’eau redescend à travers des turbines et produit de l’électricité. Cette technologie est exploitée commercialement depuis les années 1890[s] et représente aujourd’hui plus de 90 % du stockage d’énergie à l’échelle du réseau mondial[s].

Aux États-Unis seulement, 42 installations de pompage-turbinage offrent une capacité de 23 gigawatts, représentant 97 % du stockage à l’échelle des services publics du pays[s]. Et 67 nouveaux projets sont actuellement planifiés dans 21 États[s].

De nouveaux systèmes gravitationnels se passent complètement de l’eau. Des entreprises comme Energy Vault construisent des structures qui hissent d’énormes blocs de matériaux composites à l’aide de l’électricité excédentaire, puis les abaissent pour régénérer de l’énergie. Ces systèmes atteignent des rendements aller-retour de 83 à 85 %[s], proches des batteries lithium-ion, sans les problèmes d’extraction minière ni de dégradation.

Le stockage thermique de l’énergie renouvelable

La chaleur est de l’énergie. Ce fait fondamental sous-tend les systèmes de stockage thermique, qui se sont révélés particulièrement efficaces pour les centrales solaires et représentent l’une des formes les plus matures du stockage de l’énergie renouvelable.

Les centrales solaires à concentration utilisent des miroirs pour focaliser le rayonnement solaire sur des récepteurs qui chauffent du sel fondu à des températures d’environ 565 °C[s]. Ce sel surchauffé s’écoule dans des réservoirs isolés où il peut être stocké pendant des heures, des jours, voire des mois. Quand de l’électricité est nécessaire, la chaleur produit de la vapeur pour faire tourner des turbines. Fait remarquable : le sel fondu ne perd qu’environ 1 degré de chaleur par jour[s].

Cette technologie est déployée commercialement depuis 1985[s] et peut durer 30 ans ou plus[s].

D’autres entreprises explorent des variantes. Energy Dome, en Italie, stocke l’énergie en comprimant du dioxyde de carbone à l’état liquide, puis en le faisant passer à travers des turbines. Le procédé restitue 75 % de l’énergie stockée au réseau et peut fonctionner pendant 30 ans sans dégradation[s].

Air comprimé et volants d’inertie

Deux autres principes physiques alimentent d’importantes technologies de stockage : la pression et la rotation.

Le stockage d’énergie par air comprimé injecte de l’air dans des cavernes souterraines quand l’électricité est bon marché, puis le libère à travers des turbines quand la demande atteint son pic. La première installation commerciale a ouvert à Huntorf, en Allemagne, en 1978 et fonctionne toujours aujourd’hui[s]. Une deuxième centrale à McIntosh, en Alabama, est en service depuis 1991[s].

Les volants d’inertie adoptent une approche différente : ils stockent l’énergie sous forme de mouvement de rotation. Les modèles avancés utilisent des rotors en fibres de carbone tournant dans le vide sur des paliers magnétiques à des vitesses pouvant atteindre 60 000 tr/min[s]. Ils peuvent répondre instantanément aux signaux du réseau, ce qui les rend idéaux pour la régulation de fréquence.

L’hydrogène : le stockage chimique d’énergie

L’hydrogène offre quelque chose d’unique : il découple totalement la capacité de stockage de la puissance produite. Les électrolyseurs décomposent l’eau en hydrogène et en oxygène à l’aide de l’électricité excédentaire. L’hydrogène peut être stocké dans des réservoirs, acheminé par des canalisations ou reconverti en électricité dans des piles à combustible.

La capacité mondiale des électrolyseurs pourrait atteindre 240 gigawatts d’ici 2030[s]. Cette technologie est particulièrement prometteuse pour le stockage saisonnier, où l’énergie produite en été peut alimenter le chauffage en hiver.

Pourquoi la diversité du stockage de l’énergie renouvelable est essentielle

Aucune technologie ne fait tout bien. Les batteries répondent en quelques millisecondes mais se dégradent avec le temps. Le pompage-turbinage peut stocker d’énormes quantités d’énergie, mais nécessite des reliefs montagneux et de l’eau. L’hydrogène stocke l’énergie pendant des mois mais perd davantage lors de la conversion. Chaque technologie occupe une niche que les autres ne peuvent pas remplir.

Le réseau du futur ne reposera pas sur une seule solution. Il combinera de nombreuses formes du stockage de l’énergie renouvelable, adaptées aux échelles de temps et aux dimensions qu’elles servent le mieux. La physique l’exige.

Le débat public sur le stockage de l’énergie renouvelable se concentre presque exclusivement sur les batteries électrochimiques, en particulier les chimies lithium-ion. Cette focalisation masque une réalité fondamentale : en capacité d’énergie stockée, le stockage hydroélectrique par pompage, fondé sur la gravité, représente historiquement plus de 90 % du stockage mondial à l’échelle du réseau[s], même si la puissance des batteries à l’échelle des services publics a fortement progressé ces dernières années. Comprendre pourquoi exige d’examiner la physique du stockage de l’énergie renouvelable selon différentes échelles de temps et puissances requises.

Physique fondamentale du stockage de l’énergie renouvelable

Le stockage de l’énergie renouvelable exploite plusieurs principes physiques : l’énergie potentielle gravitationnelle, l’énergie thermique, l’énergie cinétique, l’énergie des liaisons chimiques et l’énergie interne des gaz comprimés. Chaque principe offre des avantages distincts selon la durée de stockage et la puissance requise.

L’énergie potentielle gravitationnelle croît avec la masse et la hauteur (E = mgh). Cela la rend idéale pour de grandes capacités de stockage, mais impraticable pour les applications portables. L’énergie cinétique (E = ½Iω²) excelle à la décharge rapide, mais se heurte aux limites de vitesse de rotation. Le stockage thermique bénéficie de capacités calorifiques spécifiques élevées et de transitions de phase. Le stockage électrochimique offre une haute densité d’énergie, mais se dégrade au fil des cycles de charge et de décharge.

Stockage hydroélectrique par pompage : la technologie dominante

Le stockage hydroélectrique par pompage représente la technologie commercialement la plus mature, avec une capacité installée mondiale d’environ 160 GW en 2020[s]. Aux États-Unis, 42 installations d’une capacité combinée de 23 GW constituent 97 % du stockage à l’échelle des services publics[s].

Le rendement aller-retour des installations modernes de pompage-turbinage dépasse généralement 80 % et ne se dégrade pas au cours de la durée de vie des équipements[s]. À titre de comparaison, l’Administration américaine d’information sur l’énergie indique un rendement aller-retour moyen de 79 % pour le stockage par pompage contre 82 % pour les batteries à l’échelle des services publics[s]. La différence déterminante est la longévité : les installations de pompage-turbinage fonctionnent pendant 50 ans ou plus, tandis que les systèmes de batteries doivent être remplacés après 10 à 15 ans.

Cette technologie peut assurer le démarrage à froid, la régulation de fréquence et la réponse en inertie aux perturbations du réseau. Les pompes-turbines à vitesse variable permettent désormais des services de régulation aussi bien en mode pompage qu’en mode production[s].

De nouvelles approches de stockage gravitationnel éliminent le besoin en eau. Les systèmes d’Energy Vault atteignent un rendement aller-retour de 83 à 85 % en soulevant et en abaissant des blocs composites à l’aide de grues régénératives[s]. Ces systèmes peuvent être implantés partout où des bâtiments peuvent être construits, supprimant ainsi les contraintes topographiques.

Systèmes de stockage thermo-mécanique d’énergie

Les centrales solaires à concentration déploient le stockage thermique d’énergie commercialement depuis 1985[s]. Les systèmes à double réservoir de sel fondu dominent les installations actuelles : un réservoir « froid » maintient le sel à environ 260 °C, tandis que le réservoir « chaud » stocke le sel à 565 °C[s]. Les pertes thermiques sont minimes, environ 1 °C par jour[s], ce qui permet un stockage de plusieurs jours si nécessaire. Lorsque de l’électricité est requise, la chaleur du sel fondu produit de la vapeur pour faire tourner des turbines.

Les mélanges de sels fondus (généralement du nitrate de sodium et du nitrate de potassium) demeurent chimiquement stables lors des cycles thermiques quotidiens pendant au moins 30 ans[s].

Le stockage d’énergie par air comprimé (CAES) stocke l’énergie sous forme d’air sous pression dans des cavernes souterraines. La centrale de Huntorf (290 MW) en Allemagne est en service depuis 1978 ; celle de McIntosh (110 MW) en Alabama depuis 1991[s]. Le CAES diabatique traditionnel nécessite une combustion de gaz naturel lors de la décharge, mais les systèmes adiabatiques avancés intègrent désormais un stockage thermique pour conserver la chaleur de compression, atteignant des rendements de 60 à 70 %[s].

Le stockage d’énergie par air liquide (LAES) comprime l’air jusqu’à la phase liquide à des températures cryogéniques et le stocke dans des réservoirs à pression atmosphérique. Quand de l’électricité est nécessaire, l’air liquide est mis sous haute pression puis détendu à travers des turbines. Les rendements attendus varient de 45 à 70 %[s].

Le système à CO₂ d’Energy Dome exploite le fait que le dioxyde de carbone se liquéfie sous pression sans refroidissement cryogénique. Ce procédé en circuit fermé atteint un rendement aller-retour de 75 %, avec une durée de vie opérationnelle de 30 ans et sans dégradation de la capacité[s].

Stockage cinétique : systèmes à volants d’inertie

Les volants d’inertie stockent l’énergie sous forme d’énergie cinétique de rotation. Les systèmes modernes utilisent des rotors en fibres de carbone composites, des paliers à lévitation magnétique et des enceintes sous vide pour minimiser les pertes par frottement. Les modèles avancés atteignent des vitesses de rotation jusqu’à 60 000 tr/min[s].

L’avantage principal est le temps de réponse : les volants d’inertie peuvent délivrer leur pleine puissance en quelques secondes après un signal du réseau, ce qui les rend précieux pour la régulation de fréquence et les applications de qualité de l’énergie. La principale limitation est l’autodécharge : l’énergie stockée dans un volant se dissipe en quelques heures en raison des frictions résiduelles, ce qui cantonne cette technologie aux applications de courte durée.

L’hydrogène : stockage électricité-gaz

La production d’hydrogène par électrolyse convertit l’énergie électrique en énergie de liaison chimique. L’hydrogène stocké peut régénérer de l’électricité via des piles à combustible ou des turbines à combustion. Les électrolyseurs à membrane échangeuse de protons (PEM) offrent des rampes de montée en puissance rapides et des temps de démarrage idéaux pour les services de soutien au réseau[s].

Les projections de capacité mondiale des électrolyseurs atteignent 240 GW d’ici 2030[s]. Cette technologie permet un véritable stockage saisonnier, l’hydrogène pouvant être acheminé par canalisations ou stocké indéfiniment dans des cavernes salines ou des réservoirs de gaz épuisés.

Le rendement aller-retour reste la principale limitation : l’électrolyse suivie de la production en pile à combustible atteint typiquement 30 à 40 % de rendement, sensiblement en deçà des technologies concurrentes. Toutefois, pour des durées de stockage de plusieurs semaines ou saisonnières, l’hydrogène n’a pas de concurrence pratique.

Les limites des batteries dans le stockage d’énergie renouvelable

Les batteries lithium-ion atteignent les rendements aller-retour les plus élevés (82 % en moyenne pour les installations à l’échelle des services publics[s]) et les temps de réponse les plus rapides. Cependant, elles se heurtent à plusieurs contraintes à l’échelle du réseau.

La dégradation de la capacité limite leur durée de vie opérationnelle à 10 à 15 ans. L’extraction du lithium produit environ 15 tonnes de CO₂ par tonne de lithium extrait[s]. L’approvisionnement en cobalt soulève d’importantes préoccupations en matière de chaîne d’approvisionnement et d’éthique. Ces facteurs augmentent le coût actualisé du stockage pour les applications de longue durée.

Les systèmes thermo-mécaniques, en revanche, projettent souvent des coûts inférieurs à 100 $/kWh avec des durées de vie opérationnelle de 30 ans et plus[s].

Intégration des systèmes de stockage d’énergie renouvelable

Les gestionnaires de réseau reconnaissent de plus en plus que les portefeuilles de stockage optimaux exigent une diversité technologique. Les batteries gèrent les fluctuations inférieures à l’heure et la régulation de fréquence. Le pompage-turbinage et le CAES prennent en charge le cyclage journalier. Les systèmes thermiques permettent une production solaire dispatchable vers les pics de demande du soir. L’hydrogène assure le transfert intersaisonnier.

La physique de chaque technologie détermine sa niche. Aucune solution unique ne peut répondre économiquement aux besoins de stockage couvrant des millisecondes à des mois, des mégawatts à des gigawatts. Le réseau du futur a besoin de toutes.

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Sources